La taxe sur la valeur ajoutée fête ses 60 ans aujourd’hui…
Cet impôt indirect « made in France » assis sur la consommation s’est généralisé dans nombre de pays, notamment au sein de l’Union européenne… Aujourd’hui sexagénaire, la TVA mériterait une bonne cure de jouvence.
En effet, au-delà des quatre taux actuels (2,1% pour les médicaments, 5,5% pour les produits de premières nécessité, 10% pour l’hôtellerie et la restauration et 20% pour tous les autres produits) qui la rend déjà complexe, c’est bel et bien la classification des différents produits parmi les différents taux qui a de quoi rendre fou. En 60 ans de lobby, de campagnes d’influences, certains produits ont ainsi pu bénéficier du taux réduits quand d’autres de la même famille restaient au taux normal, et tant pis s’ils étaient nocifs pour la santé ou l’environnement…. Je pense plus particulièrement aux pesticides qui ont de manière inadmissible pendant trop longtemps bénéficié du taux réduit . Bref, la Tva est une jungle qu’il s’agirait de débroussailler….
Lors du débat sur la « TVA sociale » ou plus récemment de la hausse adoptée par la nouvelle majorité, l’UFC-Que Choisir avait appelé de ses vœux une nouvelle classification obéissant à une logique consumériste. Une telle logique serait d’autant urgente qu’il convient de rappeler que, si elle est souvent présentée comme « indolore » – en ce sens qu’elle est difficilement visible- elle pèse très lourdement sur le budget des ménages les plus modestes, sans qu’ils n’en prennent conscience. Le gouvernement n’avait pas fermé la porte à cette proposition, mais n’a pas pour autant ouvert le dossier. Hasard du calendrier, l’anniversaire de la TVA tombe au moment où le gouvernement est remanié. Je ne peux donc que souhaiter que le jeune gouvernement décide de s’occuper (enfin !) de la sexagénaire.
Alain Bazot, le 10 avril 2014. Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir.

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