Téléphonie mobile : La ligne consumériste ne doit pas être coupée.

Le bilan incontestablement positif, dressé par l’UFC-Que Choisir, de deux ans d’intensité concurrentielle sur le marché de la téléphonie mobile, trop longtemps sclérosé, n’a pas manqué de faire réagir. Les chiffres sont impressionnants : une baisse de 30% des factures et un pouvoir d’achat libéré de pas moins de 7 milliards d’euros. Bien évidemment, certains opérateurs ont, avec des arguments fallacieux, tenté de minorer l’analyse et les bienfaits consuméristes de la concurrence.
Ainsi, d’après certains, l’UFC-Que Choisir serait très contente si « tous les prix étaient à zéro ».

Il n’aura pas échappé au lecteur que les prix de la téléphonie mobile ne sont pas administrés et que l’UFC-Que Choisir n’a jamais demandé que cela soit le cas. Pas de demandes de ce type. Une exigence cependant : une réelle concurrence par les prix. On comprend néanmoins que certains opérateurs regrettent le temps pas si lointain des prix prohibitifs…
Je vous passe les réactions sur twitter de personnes qui critiquent une étude qu’ils n’ont de toute évidence même pas lue…
De même, par une lecture rapide, certains analystes ont estimé qu’à travers ce bilan, l’UFC-Que Choisir a tressé une « couronne de lauriers », rendu un « incroyable hommage » à Free… Le satisfecit ne tenait pourtant pas tant à l’identité du quatrième opérateur qu’à son arrivée effective et à sa politique des prix qui, entrée oblige, fut particulièrement agressive obligeant ses concurrents à s’aligner…

Aujourd’hui, avec la restructuration en cours et la fragilité de Bouygues qui interroge sur son maintien sur le marché, de nombreuses questions se posent : l’ADN de prix ne-va-t-il pas muté ? Comment garantir à 3 opérateurs une réelle dynamique concurrentielle ? Les prix ne vont-ils pas, comme Autriche, se mettre à grimper en cas de retour à 3, ou la qualité de service ne va-t-elle pas être sacrifiée ?

Dans le cadre du sondage lancé sur le blog, vous avez été 80% à exprimer vos craintes tarifaires s’agissant de l’avenir de la téléphonie mobile. Les autorités de régulation appelées à se prononcer sur le rachat de SFR ne doivent pas ignorer ces légitimes inquiétudes et dès lors doivent impérativement se positionner sur le court et moyen terme pour garantir une sauvegarde de l’intensité concurrentielle au bénéfice des consommateurs. Oui, en matière de téléphonie mobile, la ligne consumériste ne doit pas être coupée !

Publié par Alain Bazot, le 5 mai 2014.

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UFC Que Choisir Dordogne

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