Surprenantes batteries.
Devant le mécontentement général provoqué par l’autonomie des appareils high-tech, Que Choisir a testé les batteries de 9 smartphones et de 6 tablettes tactiles. Résultat : étonnamment, elles sont plutôt fiables. Il est donc légitime de s’interroger sur l’obstination des fabricants de ne les garantir que 6 mois, et non 2 ans.
Tableau (clic pour zoom)
Smartphones, tablettes, mais aussi ordinateurs portables ou caméscopes… Nos appareils high-tech déçoivent les utilisateurs à cause de leur autonomie. Voilà l’un des enseignements de notre grande enquête de fiabilité, menée dans six pays à travers l’Europe (1). Indicateur de niveau défaillant, capacité de charge déclinante, extinction inopinée de l’appareil… À défaut des smartphones et des tablettes, les batteries ne manquent pas d’alimenter les conversations. La manie des constructeurs de ne plus laisser la batterie accessible dans les coques « unibody » des smartphones et tablettes contribue à l’agacement général. D’autant que s’ils évoquent des problématiques de design pour justifier ce choix, il n’est pas interdit de penser qu’ils espèrent plutôt faciliter ainsi l’achat d’un nouvel appareil quand l’autonomie de l’ancien sombre (un changement de batterie en SAV est facturé de 40 à 100 € selon les modèles, quand les prix pour un bon smartphone neuf démarrent à 130 €).
Faible perte d’autonomie
Nous avons mené un test en laboratoire pour confirmer avec des résultats tangibles ce mauvais ressenti général. Les batteries de 9 smartphones et de 6 tablettes tactiles ont ainsi été mises à l’épreuve sans ménagement (voir notre protocole de test ci-dessous). Au passage, le Galaxy S5 est le seul de ces 15 appareils dont la batterie est accessible, mais Samsung commence lui aussi à changer son fusil d’épaule (c’en est par exemple fini de la batterie remplaçable sur le Galaxy A5 ou sur le Galaxy S6). Les résultats de nos tests sont assez surprenants, dans la mesure où ils montrent que les batteries tiennent plutôt bien le choc. En fin de test, c’est-à-dire après une sollicitation correspondant à une durée d’utilisation de deux ans environ, la « pire » batterie – celle du smartphone Huawei Ascend P7 – n’a perdu que 14 % d’autonomie. La batterie du LG G Flex est, elle, intacte. Même constat étonnant du côté des tablettes tactiles : - 12 % pour la LG G Pad 8.3, - 5 % pour l’iPad Air d’Apple.
Un composant, pas un consommable
Ces éléments invitent à s’interroger sur plusieurs points. D’abord, comment expliquer ce paradoxe entre la perception des consommateurs et les performances réelles des batteries ? L’entretien quotidien pourrait constituer une piste. Après tout, peut-être les utilisateurs accélèrent-ils l’usure de la batterie en la malmenant (nos conseils ci-dessous). De plus, les batteries vieillissent inexorablement (avec le temps elles s’oxydent naturellement). Un phénomène statistique peut aussi contredire nos résultats : les 15 batteries testées ne forment qu’une infime goutte d’eau dans l’océan des millions de batteries en circulation, qui compte forcément quelques échantillons défaillants. Rien, toutefois, qui ne justifie la pingrerie des constructeurs en ce qui concerne la garantie des batteries. Aujourd’hui, ils se contentent de la garantir 6 mois alors que les consommateurs seraient en droit de s’attendre à ce qu’une batterie tienne au moins 2 ans, la durée moyenne d’utilisation d’un smartphone (voire 3 ans pour les tablettes). Tout produit est pourtant garanti 2 ans contre ses défauts de conformité (2).
Mais les constructeurs considèrent que la batterie est un consommable, et non un composant interne du produit. Cette nuance leur permet de réduire le délai de garantie. Selon leur logique, il s’agit donc d’un consommable qu’on ne peut remplacer (puisque les coques des smartphones et des tablettes n’y donne plus accès). Un peu comme s’il fallait remplacer votre voiture à court d’essence. Implacable.
Camille Gruhier
Rédacteur technique : Neil McPherson ufc que choisir

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