Les chers errements du passé.
En ayant fait du tarif de l’électricité un sujet politique et non juridique, les différents gouvernements, de droite comme de gauche, font payer cher aux consommateurs leurs propres errements. La récente hausse du tarif de l’électricité (2,5 %), imputable aux nécessaires rattrapages de tarifs liés aux annulations successives par le Conseil d’État des anciens arrêtés, le souligne particulièrement. Plutôt que de réviser la formule, les pouvoirs publics ont en effet préféré geler, lisser ou minorer les hausses réclamées par le régulateur et EDF, sans border juridiquement leur décision. Inévitablement, cette approche a abouti à ce que ces décisions politiques soient censurées par le Conseil d’État. Les fournisseurs alternatifs qui l’ont saisi avaient tout intérêt à ce que le tarif réglementé soit augmenté. Le résultat est sans appel : la facture va croître en moyenne de 15 € en raison du nécessaire rattrapage des factures qui n’est que partiel. Un recours est en effet toujours pendant devant le Conseil d’État. Dès lors, de prochaines hausses rétroactives ne sont pas à exclure. En termes de sécurité juridique et de prévisibilité des tarifs pour les consommateurs, on a vu mieux ! Et dire que tout cela aurait pu être évité si la formule tarifaire avait été révisée bien plus tôt comme le préconisait l’UFC-Que Choisir.
Alain Bazot
Président de l’UFC-Que Choisir

